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9 avril 2014

Les invisibles

Vous êtes près de quarante mille, mais on ne vous voit pas.

Pourtant, tous les jours ou presque, on vous croise, on vous contourne.

Vous faites l’objet de rituels figés dans le temps, sans charge émotionnelle.

Mais vous êtes la mémoire de un million quatre cent mille noms.

Puis, j’ai lu ce livre (1), alors, pour toi Laurent (2), qui avait  vingt deux ans,

j’ai posé un regard neuf sur ce lieu de souvenir.

 

Monument aux morts

 

Tu es né en 1921 dans le calcaire du sculpteur Gaston PETIT, avec des sosies à Chambilly ( Saône et Loire ) et Sévelinges ( Loire ).

Placé à l’origine au carrefour de la Route de Paris (N7) et de la Route de la Gare, tu veillais en sentinelle impavide sur la circulation.

Déviation et réaménagement du centre bourg, tu n’a été déplacé que de quelques dizaines de mètres et, en compagnie d’un pigeonnier réhabilité, tu filtres maintenant les allers et venues du marché hebdomadaire.

Carré de terre sacré, que délimitent quatre obus et de lourdes chaines, tu imposes le respect par ta seule présence.

Enfants, nous touchions ces obus d’acier porteurs de mort et les plus intrépides s’essayaient à la balançoire sur les chaines.

Tu m’avais caché, ou, plutôt, je n’avais pas su voir ces éléments décoratifs en bronze qui ornent ta façade :

le laurier pour la victoire, le chêne pour la force et la palme pour la gloire.

Ton poilu, rasé de près, a la moustache de rigueur. Il a le regard fixe vers le nord-est, en l’occurrence, la ligne du front, il semble veiller sur tous ceux qui sont restés là-bas, détendu, la capote légèrement entrouverte.

La croix de guerre qu’il surplombe nous rappelle que ces hommes étaient des soldats dont la bravoure doit servir d’exemple.

 

Pour cause de centenaire, vous allez avoir une nouvelle période de gloire et ce n’est que justice.

L’occasion peut-être de renouveler d’une manière plus individuelle la mémoire de chaque nom qui cache un mari, un frère ou un parent.

Salut Laurent.

 

(1) Comprendre le monument aux morts de Franck David – Ministère de la Défense – DMPA / Editions CODEX

(2) Laurent RANVIER, né le 4 Mars 1894, frère de ma grand-mère Jeanne RANVIER

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7 janvier 2010

Canis lupus



            Sous le prétexte d'une population supérieure au quota de 210 bêtes (recensement d'environ 250), la Suède a autorisée l'abattage de 27 loups.
L e Mercredi 6 Janvier au matin, 26 loups avaient déjà été abattus.
Plus de 12000 chasseurs s'étaient inscrits.

 ( Le Monde du 7/01/2010)


Que le Suédois ou la Suédoise s'étouffe dans sa chapka.
Qu'un jour enfin le monde animal décide d'un quota d'humains à tolérer.


4 janvier 2014

Le chemin vicinal

 

IMG_0081

 

Chemin vicinal,qui relie des villages _ Lat. vicinalis, de vicinus “voisin", rac. vicus, “ bourg “; voisinal 1373

 

Il se laisse pousser l’herbe au milieu.

Il s’insinue entre les champs et les terres agricoles.

Il est bordé de haies où se cachent les oiseaux.

Il ne résonne plus du sabot des chevaux.

 

Des bouquets d’orties envahissent ses talus.

Des séquences d’ombre et de lumière jalonnent son parcours.

Des ronces conquérantes tentent de le traverser.

Des gaillets gratterons  tendent leurs petites fleurs blanches.

 

Au printemps, les primevères et les pâquerettes renaissent sur les bords.

En été, on entend les mouches bourdonner dans une odeur d’herbe coupée.

A l’automne, les glands crissent sous les semelles des souliers.

En hiver, la neige y garde en mémoire des moulages de pattes d’oiseaux.

 

 

 

 

 

7 août 2013

Xu et les années du dragon

1916 - année du Dragon de Fer ( 4 Févr. ... 23 Janv. 1917 )

( Dans l'anarchie, les Seigneurs de la Guerre se taillent des fiefs dans l'héritage impérial. )

La France recrute des travailleurs chinois. Le père de Xu, qui vient de naître, s'est présenté à Weihai pour la visite médicale d'embauche. Peut être partira-t'il travailler en France ?.

La misère, le peu de perspectives pour un jeune homme et la promesse qu'une partie du salaire sera payé à la famille, l'ont décidé.

1928 - année du Dragon de Terre ( 23 Janv. ...10 Févr. 1929 )

( Les nationalistes de Kuomintang revendiquent la souveraineté sur la République de Chine. )

Grèves ouvrières, révolution communiste, du haut de ses 12 ans, le jeune Xu travaille dur dans les rizières. Il faut qu'il échappe aux terribles famines et aux massacres aveugles de tout ce qui ressemble à un communiste ou un syndicaliste.

Comme il ne comprend pas , il baisse la tête et obéit docilement, comme ses camarades.

Son père serait dans une ville nommée Paris, dans le quartier de la Gare de Lyon avec beaucoup d'autres compatriotes.

1940 - année du Dragon de Métal ( 8 Févr. ... 27 Janv. 1941)

( La République de Chine collabore avec l'occupant Japonais, on la désigne sous l'appellation de

" Régime de Nankin ". )

Voilà bientôt 3 ans que Xu a rejoint la guérilla communiste pour lutter contre ces Japonais dont la stratégie se résumait à l'opération des Trois Tout : " tue tout, brûle tout, pille tout ".

Il y aurait eu un massacre incroyable à Nankin. Les plus folles rumeurs courent, il faut résister.

La vie n'est pas plus dure qu'au village. La journée, cachés dans la végétation, ils discutent de lendemains radieux et prospères. La nuit, ils harcèlent l'arrogant envahisseur.

Dans le pays où est parti son père, la guerre semble  aussi inéluctable. Le monde est donc devenu fou.

1952 - année du Dragon d'Eau ( 27 Janv. ...14 Févr. 1953 )

( La République Populaire de Chine accuse les Américains d'avoir recours aux armes bactériologiques en Corée. ) 

Au pied de la " Porte de la Paix Céleste " place Tienanmen , Xu avait entendu l'année dernière Mao dire " Les Chinois se sont levés ... ".

Il est fier d'appartenir à ce parti qui incarne l'indépendance nationale, les espoirs d'une révolution sociale et l’honnêteté par rapport aux nationalistes.

D'ailleurs, il s'est porté volontaire pour se déployer en Corée avec " l'armée des volontaires du peuple chinois ".

Grâce à la redistribution des terres, sa famille et son village vont assurer leur subsistance et collaborer à la reconstruction du pays.

Liu, sa camarade de la " Longue Marche ", doit bientôt lui donner un enfant.

Il n'a plus de nouvelles de son père depuis longtemps.

1964 - année du Dragon de Bois ( 13 Févr. ... 2 Févr. 1965 )

( Reconnaissance de la Chine Populaire par le président français Charles de Gaule. )

Pour Xu, le " Grand bond en avant " a déçu ses espoirs d'une société égalitaire et juste.

Son fils Deng ne lâche pas son " petit livre rouge " qu'on a distribué à l'école. Il parle même de s'engager dans les gardes rouges.

Xu est fatigué de ses " Révolutions " culturelles ou autres. La propagande a un goût amer, il a déjà beaucoup donné. La vie du peuple est toujours aussi dure. Il n'y a que Deng pour s'enthousiasmer des citations du Camarade Mao.

Liu et Xu doivent écouter, quasi religieusement, la lecture tout les soirs pour ne pas vexer Deng.

Une consolation, le pays, qui a accueilli son père est ami avec la République Populaire.

1976 - année du Dragon de Feu ( 1 Févr. ...18 Févr. 1977 )

( La terre tremble, Mao Zédong meurt et " la bande des quatre " est arrêtée. )

Des années de perdues, Deng comme les autres gardes ont été exilés loin dans la campagne par ce hiérarque vieillissant qui les avait fanatisés.

Juste retour des choses disent les contre-révolutionnaires des camps de rééducation.

Liu, " sa moitié du ciel ", comme le dit Xu, aide aux préparations de médecine traditionnelle dans le dispensaire de l'usine.

Xu sera à la retraite en fin d'année, mais il pourra participer aux groupes d'innovation.

Tous les deux feront parti du Comité des habitants et pourront garder leur logement dans l'entreprise.

1988 - année du Dragon de Terre ( 17 Févr. ...6 Févr. 1989 )

( Conflit Sino-vietnamien et feux de forêt. )

Xu se demande où va la Chine et si elle n'y va pas trop vite.

Deng le banni, est revenu, aigri. Il reproche au pouvoir la stagnation des réformes économiques.

Il suit activement les rassemblements de plus en plus fréquents Place Tienanmen.

On associe à l'année du dragon des " événements majeurs ". Xu pressent que le chômage, la hausse des prix et la corruption pourraient être les déclencheurs d'une autre révolution.

Liu aimerait tant avoir des petits-enfants, mais la politique de l'enfant unique et le célibat de Deng

ne sont pas prometteurs.

2000 - année du Dragon de Métal ( 5 Févr. ... 24 Févr. 2001 )

( Forte croissance économique qui fera devenir  la Chine  membre de l'Organisation Mondiale du Commerce. )

Liu a été incinérée depuis quelques années. Xu allume régulièrement la petite lampe de l'autel familial, il entame alors un monologue fait de redites et de non-dits.

Xu descend encore le matin, avec sa cage à oiseaux, pour faire un peu de Tai-Chi-Chuan. c'est maintenant sa principale occupation, la vie d'aujourd'hui est devenue trop trépidante. La mort est pour lui un instant attendu, c'est avec l'esprit paisible qu'il veut partir rejoindre Liu et retrouver son père.

Deng a investi dans une petite entreprise au Nigéria. Le capitalisme et la libre entreprise incarnent

sa revanche sur un système qui l'a rejeté.

2012 - année du Dragon d'Eau ( 23 Janv. ...10 Févr. 2013 )

( Début du chantier de construction de la tour la plus haute du monde. )

La plaque tombale ressemble à une façade de maison traditionnelle au toit incurvé. Les textes sont gravés en idéogrammes rouges et dorés. Nous sommes au cimetière de Thiais, division 44.

Bâtonnets d'encens dans les mains, Deng honore la mémoire de son grand-père.

Il avait promis à Xu d'effectuer des recherches sur cet ancêtre pour le réunir à la famille.

Il a placé un plateau d'oranges et de raisins. Dans une petite corbeille en fer , il brûle des billets de papier pour l'aider à mener une vie prospère dans l'au-delà.

Demain à Pékin, après un vol direct, il retrouvera sa Nigérianne ; la belle Olabisi et la joie de leur maison le petit Ayodele.

 

Dragons.JPG

 

 

13 mai 2013

La petite reine chinoise

 

 

 Quand on partait de bon matin,

Quand on partait gagner notre pain

En cyclo-pousse.

Nous étions tous de Pékin,

Y avait Chen, y avait Kuan-Ti,

Y avait Wang, y avait Shan-Ti

Et puis Li Wei.

 

On était tous amoureux d'elle,

On se sentait pousser des ailes

En cyclo-pousse.

Dans les ruelles étroites

On s'imposait du guidon

Pour être en bonne position

Proche de Li Wei

 

Faut dire qu'elle y mettait du cœur,

C'était la fille d'un tireur

De pousse-pousse.

Elle avait fait dans son sillage

Tous les hutongs du village

Sur son tricycle.

 

Quand on arrivait vers les boulevards,

On garait le long des trottoirs

Nos cyclo-pousse.

Puis on guettait les cars de "longs-nez"

Essayant d'attirer son attention,

La faire sourire, sentir une émotion

Conter fleurette.

 

On partageait pendant l'attente,

Toutes chaudes de la cuisine ambulante

Des patates douces.

Des tricycles souvent surchargés

Nous interpellaient moqueurs

De n'être que des conducteurs

De touristes.

 

On  rêvait tous de partir, de se faire la belle,

Prendre le bateau, l'avion, seul avec elle,

Sans cyclo-pousse.

On oubliait qu'elle payait par ce travail

Son entrée à l'université de Shanghai,

... Elle filait en douce.

  

 

 

 

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13 novembre 2013

1561 jours

1.561 jours

 

depuis début Août 1914…….. jusqu'à mi-Novembre 1918 

Déclaration 0

1.561 jours  et :

 9,7 millions de morts militaires 

8,8 millions de morts civils

 21 millions de blessés  

 (on  décompte pour la France 1. 315. 000 soldats morts

     soit  27% des 18 – 27 ans)

 1.561 jours  et :
14 millions d’animaux mobilisés:

      11 millions d’équidés (chevaux, mulets, ânes)

     100. 000 chiens

     200. 000 pigeons voyageurs

     500. 000 chats (ratiers, détecteurs de gaz)

 

1.561 jours  et :

entre 850 millions et 1.4 milliards d’obus tirés

     (soit 15 millions de tonnes de métaux et explosifs)

     dont 1/4 n’a pas explosé

26 villages totalement détruits

4. 000 communes dévastées ou dégradées

180. 000 ha de “ zones rouges ”

 

1.561 jours  et :

9 millions d’orphelins (dont 1 million de Français)

5 millions de veuves (dont 600. 000 Françaises)

10 millions de réfugiés

 Armistice 0

 

 et 7.601 jours avant le 3 Septembre 1939.

 

11 novembre 2009

J'accuse...

28 novembre 2009

Historiette 1925

LE LIÈVRE ET LE CHIEN

 



Un certain jour de chasse, au milieu de la plaine
Un lièvre grand et roux à mes pieds déboula.
Je le tirai, mais à cinquante pas à peine
Se trouvai un rouleau qu'on avait laissé là.
Sans perdre un seul instant, mon vieux chien Bamboula
Sur le gibier fuyant jetait sa chaude haleine.
Hélas ! manquant son coup, c'était jour de déveine,
Il heurta le rouleau prés duquel il roula.
Le lièvre était bien loin, mais il fit demi-tour,
Ressauta le rouleau, s'assit sur son derrière
Et dit pour Bamboula la dernière prière, 
Puis jetant son regard vers mes piteux atours,
Prit mon chien dans la gueule et, fier comme un beau page,
Vint me le rapporter !!!...lecteur tourne la page ! 

A.Darragon (Almanach Vermot 1925)


28 juin 2010

Nico Roussi

 

Vuvuzella

Ah... ! Non ne vous arrêtez pas,

Grâce à vous je pensais un jour

Revivre une histoire d'amour.

Ce bourdonnement,

Permettait à mon gouvernement,

De se refaire une santé

Sur les victoires engrangées.

Le casque sur les oreilles,

Notre équipe faisait merveilles.

Oubliée la révolte qui gronde,

Derrière nous la rigueur,

Je ne connais rien au monde

De meilleur.

 

 

4 novembre 2010

Fièvres automnales

 

 

 

 

VOYAGEUR....VOYAGEUR....VOYAGEUR....

 

 

...Dans la maison close du sous-bois,

derrière le paravent des brumes d'automne,

Dame Nature se pare de tout son or

avant de commencer son effeuillage...

 

...L'oeil collé à mon objectif,

respirant d'enivrantes senteurs boisées,

je me transforme en satyre pour admirer

de la saison son ultime prestation...

 

 

 

20 avril 2011

Pompiers / Pyromanes

 

L'espoir... 

On était en 1919, la première guerre mondiale avait laissé trop de traces.

Alors, Mr Wilson, vous avez eu cette grande id

ée, la SDN (la Société Des Nations).

Le drapeau semi-officiel symbolisait les cinq nations et les cinq races de l'humanité.

Ses intentions plus que louables comprenaient entre-autre la réduction des armements, le règlement pacifique des conflits et l'amélioration de la qualité de vie.

Mais, malgré vos efforts, votre pays ( les États Unis ) n'en fera jamais parti et cette philosophie diplomatique était raillée par certain membre.

Benito Mussolini déclara : « La SDN est très efficace quand les moineaux crient, mais plus du tout quand les aigles attaquent ».

Impuissance..., silence... face aux événements qui annoncent la deuxième guerre mondiale.

Incapacité..., absence de volonté... une parenthèse qui signe un échec.

 

Le « machin »...  (De Gaulle)  

Coalition en 1942 des Etats Unis, Grande Bretagne, URSS et Chine face au Nazisme, la Charte des Nations Unies remplacera  la SDN en 1945.

Elle sera approuvée par cinquante et un pays.

Le drapeau officiel (celui-là) évoque l'objectif : préserver la paix. Il est symbolisé au travers de la branche d'olivier entourant un planisphère.

 

Les grandes nations detiennent à la fois :

     le pouvoir de décision (avec un droit de véto)

     les hommes (casques bleus) et les moyens necessaires.

 

Oui, mais ?... 

On notera :

      que les objectifs de l'organisation ne comportent plus de réduction des armements ni volonté de désarmement.

     que certaines situations mondiales ne trouvent pas d'intérêt (financier, géopolitique...) aux yeux des pays membres.

     que les grands pays industrialisés s'efforcent de minimiser son poids en mettant en avant ses fonctions humanitaires.

 

....voir l'explication dans le tableau ci-dessous

 

 

 

Alors ?... juste un petit florilège pacifiste 

 

Quand le drapeau est levé, toute l'intelligence est dans la trompette(proverbe polonais)

 

"Pour marcher au pas, un homme n'a pas besoin de son cerveau : sa moelle épinière lui suffit tout à fait." (Einstein)

 

"Heureusement pour l'humanité, l'armée a généralement été le refuge des esprits de troisième ordre." (Lewis Mumford)

 

"Les hommes couverts de croix me font penser à des cimetières." (Francisco Picabia)

 

"(La guerre : ) l'art de tuer en grand et de faire avec gloire ce qui, fait en petit, conduirait à la potence." (Jean-Henri Fabre)

 

"La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas." (Paul Valéry)

 

 

7 septembre 2011

Bucomentalisme

 

Je l'appelle « la piste des indiens », car elle serpente à travers les arbres, de l'autre côté du ravin.

Elle n'est pas visible depuis la sente sur laquelle je chemine.

Son tracé, à peine perceptible, évoque des foulées légères et silencieuses. 

 Je suis dans mes « Black Hills », une forêt de plusieurs centaines d'hectares,à quelques kilomètres de chez moi.

Je prétends la connaître suffisamment pour y musarder sans crainte.

Mes repères sont mes délires visuels, à l'image de ce squelette géant de cétacé, au demeurant, le tronc branchu d'un pin mort qu'une tempête a couché et que les ans ont blanchi.

Là, cette ronde fermée de sapins au milieu des feuillus ne peut être, le soir venu, que le théâtre d'événements ne souffrant pas d'indiscrétions.

 

 Il y a pourtant cette sensation d'être un intrus.

Les branches mortes, qui craquent sous mes pas, déclenchent un concert de croassements, je fais trop de bruit, je dérange.

Il faut de longues minutes d'immobilité pour que le chant des oiseaux rompe le silence que mon effraction avait imposé.

Mais, quand le vent m'est favorable, je surprends un chevreuil qui me laissera entrevoir sa croupe blanche le temps de disparaître en quelques bonds.

La chance m'a permis, une fois, d'observer le cheminement hâtif d'une horde de laies avec leurs marcassins.

Instants rares, viol de l'intimité d'un monde encore un peu sauvage que ma seule présence perturbe.

 Ce fut un espace de liberté pour mon loup apprivoisé.

Je l'ai parcouru en foulées matinales porteuses de rêves semi-marathoniens.

Havre de paix et de ressourcement, je promène mon corps et mon âme au fil du temps le long de ses sentiers.

Tantôt nu, tantôt paré des plus beaux atours, le cycle des saisons s'effeuille au gré des arbres.

Immuable et paisible, autre destinée, j'aurai partagé en complice un instant de cette éternité boisée.

 

 

10 février 2012

Rouge-gorge

Finalement, il s'arma de courage, vola jusqu'à lui et retira avec son bec une épine qui avait pénétré dans le front du crucifié.

Mais ce faisant, une goutte de sang du crucifié tomba sur la gorge de l'oiseau.

Elle tomba rapidement et s'étala en colorant les petites plumes fragiles.

Le crucifié entrouvrit alors la bouche et murmura à l'oiseau :

"Pour ta miséricorde, reçois maintenant ce à quoi ta famille a toujours aspiré depuis la création du monde."

 

                                            SELMA LAGERLÖF (Légendes du Christ)

19 mars 2012

Un petit patapon

 

 

 

On lui passe dessus

On se glisse dessous.

Pont de petite vertu ?

Ouvrage de quatre sous !

 

Entre tes piles on s'immisce

Dans l'onde calme qui se plisse.

On enjambe ton tablier

Où résonne le pas de nos souliers.

 

Ton habit d'acier aux surpiqûres rivetées

Les courbes et rondeurs de tes entrées

Sont autant d'invites pour le passant

Qu'elles rendent la chose facile au chaland.

 

Tu as connu une période de gloire

Que les mariniers gardent en mémoire.

Puis il y eut moins de passage

Les herbes envahirent le chemin de halage.

 

Maintenant tu t'es découvert un avenir

On a proposé de t'entretenir

Pour qu'une navigation de plaisance

Redécouvre de tes restes la jouissance.

24 septembre 2012

Reine d'un jour

 

 

 

Qu'as tu donc dans ton panier ?

Voilà bien tout un fourbi !.

Tu reviens du vide grenier,

Ou tu vas à la déchetterie ? .

 

 

T'as les pieds qui trainent par terre.

Tu me dis que c'est pour te tranquiliser !.

Mais t'as pas le casque paratonnerre,

Tu cours le risque d'être éléctrisée.

 

 

Chevauchant ton cycle tu fais des ronds.

Tes roues dessinent des entrelacs...lalére...lariron.

Ca tourne trop vite, tu prends le tournis.

Non !,non, les pansements ne sont pas fournis.

 

 

Tu pourrais monter en amazone par dépit.

Avec un fort vent de dos sans répit.

Mais ta petite reine, oh ! scandale.

Se touve affublée de deux pédales.

 

 

24 mars 2010

Clos-porte

Le couvent le plus doux de Paris

Est celui de Madame Pâris,

On y voit fourmiller des novices

Suivant la règle avec docilité,

Au prochain rendant plus de services

Que trois cents sœurs de charité.

Toute abbesse est un fâcheux tyran;

Celle-ci, c'est la bonne maman...

 

 

Mais dites moi , Marthe , pourquoi ces maisons sont closes ?

D'une apprentie culottière , qui séduisait les recrues ,

On doit , d'une maniére rocambolesque , qui l'aurait cru ,

Que le petit tapin affronte ventose , pluviose et nivose.

 

Saviez-vous que , trois siecles de tolérance , nous devions

A notre bon roi Saint Louis qui claquemura la petite vertu.

Fléau jugé necessaire et politiquement reconnu

Pour prévenir des désordres sociaux , il devint institution.

 

Bordel militaire de campagne , foutoir , bobinard ,

Maison de plaisirs , maison de joie , lupanar,

La littérature et les arts ne furent jamais en reste

Pour immortaliser ces lieux par un sonnet ou un beau geste.

 

On parle de réouverture , alors , permettez moi que j'ose

Au groupe de travail gouvernemental qui doit étudier la chose

D'exiger que l'on respecte pour la paix dans les ménages

A Madame et Messieur une parité d'accés aux étages.

 

12 octobre 2009

Çà ne tient à pas grand chose !!

Avant, il n'y avait rien.
C'est à dire que ça ne ressemblait à rien.
Dans le vide, l'horizon, c'est l'infini, c'est chouette non!.

Lundi - 8.00 
Dieu s'emmerde, alors il décide de créer.
Mais quoi ??...et là, paf, l'idée, l'étincelle.
Je ferme les yeux, je rouvre les yeux, je vois, je ne vois pas.
Le jour et la nuit ; le blanc et le noir...
Et là , pouf, il s'endort, putain de journée.
Mardi - 7.56
Dieu ouvre un œil et constate hélas, qu'il n'y a rien à voir.
Alors, il imagine la terre.
Il dessine des océans bleus, des mers turquoises.
Il délimite de vastes continents et éparpille de minuscules îlots.
Dieu que c'est beau!! et du coup, il sombre dans un sommeil satisfait.
Mercredi - 6.02
Dieu s'est réveillé tôt, un sommeil agité, il refaisait le monde...
Maintenant, il faut rentrer dans le détail.
Alors, il installe toutes sortes de plantes et d'arbres sur la terre.
Il en met aussi sous l'eau parce que ça fait joli par transparence.
Peut- être un peu anarchique, mais c'est le délire de l'artiste.
Le soir ses yeux se ferment pleins de formes et de couleurs.
Jeudi - 8.16
Dieu contemple son œuvre en se grattant la barbe.
Le fond noir ou blanc fait un peu tristounet, il faut un décor.
Pour le jour, un soleil jaune or sur un fond bleu azur.
Pour la nuit, un fond noir piqueté d'étoiles et une lune.
Il allume, il éteint, il allume, il éteint...
Il rajoute des petits nuages et met la lune en croissant.
C'est pas mal pour aujourd'hui, on verra demain.
Vendredi - 8.32
Dieu commence à fatiguer, créer c'est donner un peu de soi.
Ouais ! tout ça c'est beau, mais c'est un peu statique.
Faut que ça bouge, sinon je vais m'endormir devant.
Allez, dans les eaux, des poissons qui frétillent.
Là dans les airs des nuées d'oiseaux qui virevoltent.
On est pas bien là !,le pied ! .

Et là, Dieu s'arrête.
La semaine de 35 heures, obligé !.
Vous imaginez ?......

Main non !! , Dieu est d'astreinte.

Samedi - 8.48
Dieu éprouve une certaine lassitude.
Il doit se remotiver pour finir aujourd'hui.
La journée est presque finie.
Il a éparpillé des animaux sur les continents.
Il est content de ce qu'il a réalisé toute cette semaine.
Dieu se dit qu'il a bien mérité un apéro, une fois n'est pas coutume.
La fatigue ?,l'alcool ?, l'âge ?...
Une idée diabolique lui vient à l'esprit plus très saint :
Mettre un agent perturbateur dans ce beau monde.

Et il crée l'homme.

19 mai 2011

Le petit lapin

J'ai un manteau de fourrure.

Bien que ce soit du lapin,

Ca tient chaud quand le froid dure

Et quand je sors le matin.

 

Oh ! que je plains les grenouilles

Qui sautent nues dans leur bain.

Oh ! que c'est froid l'eau qui mouille,

C'est pas fait pour les lapins.

 

( Texte retrouvé, sans référence d'auteur )

29 février 2012

I have a dream

( Librement inspiré du discours de Martin Luther King Jr., délivré sur les marches du Lincoln Mémorial à Washington D.C. le  Octobre 1963, auquel j'emprunte la trame et quelques passages ) 

I have a dream, 

Il y a plus de deux cent ans, une révolution a renversé un régime pour mettre en avant les droits de l'Homme.Un monde d'injustice se consumait et faisait place à une aurore joyeuse. 

Mais deux siècles plus tard, l'Homme n'est toujours pas libre; deux siècles plus tard, l'Homme est toujours inféodé au pouvoir des riches; deux siècles plus tard, l'Homme s'enfonce dans le fossé des inégalités; deux siècles plus tard, l'Homme se languit d'un peu de fraternité. 

Quand les architectes du nouveau régime ont écrit les mots magnifiques de la « Déclaration des droits de l'homme », c'était une promesse, un billet à ordre dont nous devions hériter. 

Il est clair aujourd'hui que ces engagements n'ont pas été tenus. On nous a donné un chèque sans provisions, un chèque qui nous est revenu marqué « fonds insuffisants ». Nous refusons de croire qu'il n'y a pas de justice, nous refusons de croire qu'il n'y a pas d'autres opportunités. Nous voulons encaisser notre chèque, le chèque de toutes les valeurs bafouées.

 

Mais le temps presse, ce n'est plus le moment de se contenter de solutions ponctuelles. Il est temps maintenant de quitter la vallée sombre de la fatalité pour nous avancer sur le sentier brillant de l'espoir; il est temps maintenant de se dégager de la société des privilèges, pour s'ouvrir sur un monde plus égalitaire. 

Cette année n'est pas une fin, mais un commencement. Les espoirs suscités à la nation, ne se satisferont pas d'un retour à une routine. Il n'y aura ni repos ni tranquillité jusqu'à ce que le jour clair de la justice se lève à l'horizon.

 Mais, je dois le dire, nous ne devons pas être coupable d 'actions mauvaises. Ne cherchons pas à satisfaire notre soif de liberté en buvant dans la tasse de l'amertume et de la haine. Nous devons pour toujours conduire notre lutte sur un plan élevé de dignité et de discipline. 

L'esprit militant, nouveau qui a pénétré le mouvement des indignés, ne doit pas nous amener à manquer de confiance envers tout le système. Ce ressentiment a fait prendre conscience maintenant que nos destinées sont liées, que le libéralisme est lié a nos libertés, qu'on ne peut pas cheminer seul et encore moins revenir en arrière.

 Il y a ceux qui demandent, « Quand serez_vous satisfaits ? ».

Nous ne serons jamais satisfaits tant que la dignité humaine ne sera pas le centre des préoccupations, tant que l'avenir de nos enfants ne sera pas plus décent que le nôtre. Nous ne serons pas satisfaits jusqu'à ce que la justice dévale comme un torrent et le droit comme un fleuve puissant.

 

J'ai un rêve aujourd'hui ! Je rêve qu'un jour nous serons fiers de voir évoluer un monde où la valeur de l'Être aura supplanté la nécessité absolu du Paraître.

 J'ai un rêve aujourd'hui ! Je rêve qu'un jour nos enfants étudieront « le sentiment d'injustice » comme un concept historique qui n'évoque rien pour eux. 

J'ai un rêve aujourd'hui ! Je rêve qu'un jour tout le monde puisse croire que rien n'est impossible et qu'une main tendue sera toujours là. 

… Même si ce n'est qu'un rêve, même si je n'y crois pas beaucoup, l'essentiel est de ne jamais desespérer.

 

 

27 mai 2014

Quelle est la question ?

Encore une fois, on ne se pose pas la bonne question!

Reprenons le problème :

     Le FN réalise 24.95% aux élection européennes, l’ UMP arrive deuxième avec 20.79% et le PS enregistre 13.98%. Sachant que l’abstention était de 56.5%, quel est la représentation réelle de ces différents partis ?

     On obtient les scores suivants : 10.85% pour le FN, 9.04% à l’UMP et 6.08% au PS.

Alors que la réalité est là, sous nos yeux, voilà bientôt deux jours que l’on nous bassine avec cette “ nouvelle percée “ ou “ nouvelle gifle “, selon le score.

Mais non, le chiffre qui en dit le plus , c’est celui du nombre de gens qui ne sont pas allés voter, et la question est : pourquoi ?

Les réponses sont multiples et surtout personnelles.

Quand une classe dans sa majorité n’a pas su faire un devoir, ce n’est pas l’ensemble des élèves qui est en cause, mais l’apprentissage et l’énoncé qui doivent être revu. Quand une entreprise voit ses ventes chuter, remet-elle en cause son produit ou ses clients ?

Combien de temps encore va t’on ignorer cette réalité qui n’est pas une attitude passive, mais un ressenti négatif des modalités de la vie démocratique.

 

“Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que çà serait interdit”     Coluche

16 avril 2014

Retrospecactus – Avril

Avril 2010 – No smoking dans les sous-marins américains.

Non, ce n’est pas une restriction de la tenue de rigueur, mais un arrêt au tabagisme dans les 57 sous-marins des USA.

C’est vrai qu’ il parait difficile d’ouvrir pour aérer convenablement et qu’il était peut-être inenvisageable d’avoir des sous-marins " fumeurs ” et " non fumeurs ”.

L’obligation de faire surface pour permettre à tout un chacun de s’en griller une de temps en temps nuit gravement au secret des opérations.

Heureusement les marins auront droit à des patchs et des chewing-gums pour les aider à se désintoxiquer.

C’est bien, mais cela amène quelques questions :

     où étaient vidés les cendriers jusqu’à maintenant ?

     la prise de poids des marins, due à l’arrêt du tabac, va entrainer une surcharge non !

     les russes ont-ils fait la même chose pour la vodka dans leurs sous-marins ?

 

Avril 2011 – La Chine met en vente 176 îles inhabitées.

Avec un bail de 50 ans, des chinois ou étrangers peuvent acquérir une de ces îles pour y réaliser un projet touristique ou industriel.

Sachant que la chine possède plus de 7.000 îles de plus de 500 m2, les millionnaires ou milliardaires devraient trouver chaussure à leur pied.

D’autres îles seront ajoutées à cette liste prochainement, et chaque dossier sera étudié et devra être approuvé par un expert en environnement.

Ah! la mer de chine, ses nuits câlines, mais sur ma natte, endormi, ce beau rêve est parti à pas de lotus, car 11 millions d’euros je n’ai pas.

Pourtant j’avais plein idées :

     un parc d’attraction “ les montagnes tibétaines “ avec jeux de massacres

     un centre de remise en forme “ la longue marche “ ; traitement sur un an

     une unité de production de fourchettes en bambou : c’est quand même plus pratique, ça devrait marcher !

 

Avril 2012 – L’écureuil de " l’âge de glace ” entre au musée Grévin.

Scrat, le plus célèbre écureuil du monde, a rejoint les galeries du musée.

Il est bien sur en compagnie de son obsession : un gland géant.

Sympathique, maladroit et obstiné, il reste un personnage adoré de tous les publics.

C’est le premier personnage d’animation à faire son entrée, si l’on ne compte pas Michel Drucker et Patrick Sébastien.

Je vais vous révéler les critères importants permettant d’avoir sa statuette de cire :

     tout savoir sur la vie, l’œuvre de Bernard Pivot ( c’est le président )

     regarder “ télé matin “ tous les jours ( William Leymergie est membre de l’académie )

     battre Pierre Tchernia à un quiz sur le cinéma ( membre également…)

15 février 2014

Rétrospectative _ Février

Février 2012 … “ La Liberté … ” de Delacroix dégradée.

Non ! ce n’est pas Standard & Poors, mais une visiteuse du Louvre Lens qui a vandalisé le tableau

par une inscription au marqueur.

Plus de peur que de mal, l’œuvre a été restaurée rapidement sans que son intégrité soit menacée.

L’auteure ( non ! pas du tableau mais du délit ), était inconnue des services de police.

Titulaire d’un master, mais sans emploi, elle serait “ pénalement irresponsable “.

On comprend mieux, quand on découvre ce qu’elle a écrit :

“ AE911 ” qui renvoi à une pétition adressée au congrès américain, par des architectes,

ingénieurs et citoyens, pour une contre-enquête indépendante sur les attentats du 11/09/2001. 

Cela suggère quelques remarques :

     ces attentats sont donc un sujet tabou ?

     la liberté doit-elle guider le peuple ?

     avec un master (de quoi ? Les journaux s’en fichent ), tu ne fais plus rien !

 

Février 2012 … Adieu Debussy, St Exupèry, Cézanne, Gustave Eiffel et Pierre et Marie Curie

Non ! ce n’est pas un exode fiscal, mais la mort annoncée des billets de 20,50,100,200 et 500 F.

J’avoue n’avoir jamais fréquenté Pierre et Marie Curie et c’est avec regret.

Dans les tons violet / mauve, l’architecture moderne du recto et le pont suspendu au verso

du billet de 500 € me sont tout autant inconnus.

Que dire de l’époque préhistorique (avant 1958 ) ou Bonaparte valait 10.000 F, Henri IV 5.000 F et Richelieu 1.000 F.

Europe oblige, nous sommes donc passés des personnages illustres aux styles architecturaux.

Oui le monde a changé, aujourd’hui il préfère :

     l’élévation du construit à l’élévation de l’esprit

     la monnaie unique au change parfois inique

     € pour tous et la £ pour le Royaume Uni

 

Février 2011 … “ Un prêtre dans votre poche “

Les prêtres nord-américains ont approuvé une appli iphone qui permet de se confesser en mobilité.

Bon, pour l’absolution, il faut quand même se rendre au confessionnal, mais au moins,

la conscience n’est plus minée par un péché inavoué.

Je ne peux m’empêcher d’imaginer Bernadette Soubirous à la grotte de Massabielle avec son portable.

Elle aurait fait le buzz sur youtube et son compte twitter aurait été saturé.

La religion s’ouvre aux techniques nouvelles, tant mieux, et bientôt on aura :

     le jeu vidéo “ La dernière croisade " où tu gagnes des indulgences

     le pèlerinage virtuel à Compostelle où tu choisis ton avatar et le niveau de difficultés

     le robot “ Don Camillo ” pour pallier au vieillissement du clergé

22 février 2011

Ad Vitam (Immortel)

Abbaye de Kells, 820

 

Dans la nuit froide du dortoir résonnent les plaintes et les murmures des frères endormis.

Prières ou suppliques nocturnes de corps qui ont mal.

Depuis les complies, se bousculent dans ma tête des images aux formes furtives.

Ce ne sont pas les démons qui viennent me hanter, mais le travail du scriptorium qui m'absorbe.

J'aime cette étape, quand mon travail de copiste achevé, je peux enfin illustrer la page, un peu comme si je donnais la vie aux mots.

Alors, le nez sur les lignes tracées au stylet, à cause de mes yeux trop faibles, j'imagine les entrelacs végétaux peuplés de créatures monstrueuses.

Hélas, les courbes voluptueuses que mes rêves dessinent n'orneront jamais ce codex !.

Mais, j'ai caché sous ma bure un morceau de parchemin, Dieu me pardonne ce larcin !, une sorte de talisman où j'ai écrit les mots d'amour que Joseph aurait murmurés à l'oreille de Marie.

En cachette, j'illumine mon texte de fleurs aphrodisiaques que des éros délicats jettent aux vents.

Non !, je confesse que ce n'est pas un écrit satanique, ni une atteinte aux moeurs, mais juste mon cri d'humain...

 

Quelque part dans les Black Hills, 1837

 

La chaleur du soleil qui s'élève fait vibrer l'air au dessus des wigwams du campement.

Dans le coude de la rivière l'eau étincèle de mille feux en hommage au Grand Créateur.

L'hiver sera bientôt là, les coffres à viande sont pleins.

Autour du feu, sur les couchettes, nous fumerons longuement le calumet en écoutant les exploits de nos guerriers.

Aurais-je été un brave ?, je ne peux pas le prouver.

Mais ce que mes yeux ont du mal à voir, mon corps le ressent en communication avec les esprits.

Aurai-je le temps de transmettre le secret des plantes et de confier mes pierres sacrées ?.

L'horizon de l'océan d'herbe des grandes plaines semble se noircir.

La terre du matin ne semble plus suffire à l'homme blanc, nous reculons inexorablement avec les troupeaux de bisons et de cerfs.

Si nous passons nos montagnes, les nations de l'autre versant nous accueilleront-elles ?...

 

Royaume de Françe, 2011

 

Les jours n'ont plus d'importance, ils ne sont plus une échéance.

Je balbutie encore ce plaisir simple d'être hors du temps compté;

Il me faut apprivoiser ces instants pour en goûter toute la saveur comme une première caresse d'amour.

Mes rêves me concernent, mes jours m'appartiennent, bons ou mauvais, ils sont ce que j'en fais.

D'intermittent du bonheur, je deviens sociétaire à vie des jours heureux.

Mais, tout ceci a un prix, je le sens, je me fais vieux.

Qu'importe, mes yeux même avec des lunettes, sont encore prompts à s'émerveiller.

Mes oreilles sont aussi réceptives aux éclats de rire qu'aux chagrins etouffés.

Mes mots sont, je l'espére, la musique de mon âme.

 

Et aprés ?...trouverai-je un reste d'humanité... pour continuer...

22 décembre 2010

Morphénomane

J'avais senti son odeur avant d'entendre sa progression pourtant silencieuse pour un humain.

Quand le danger s'était fait trop proche, j'avais, en quelques bonds, mis une distance raisonnable entre nous...

 

Un mouvement, juste quelque chose de furtif, assez pour apercevoir la croupe blanche du chevreuil qui détalait.

Ma marche silencieuse et ma tenue sombre n'avaient pas trompé l'instinct de l'animal...

 

Le vent caressait mes ailes.

J'évoluais dans une grande spirale ascendante.

Sur le sentier, plus de mouvement, l'homme qui progressait, avait du s'arrêter...

 

La main en visière, je scrutais le ciel à la recherche du rapace qui venait de piauler.

Depuis que j'étais sorti du sous-bois, j'avais la sensation d'être observé, mais cela ne tenait pas du ciel, chose sûre...

 

Derrière la crête, le responsable du GPS annonca que le signal ne bougeait plus.

Information confirmée par le sniper : cible immobile...ok, pointeur laser actif...ok,aux ordres pour le tir.

 

Le premier signe est venu de l'envol d'un groupe de corbeaux dans un concert de croassements.

Le deuxiéme fut l'apparition d'un point rouge au niveau de ma poitrine.

 

Le claquement sec m'a fait me redresser.

Baissant les yeux, le livre ouvert gisait sur mes genoux et le vent avait décroché un volet.

J'ai posé mes lunettes, éteint la lumiére et je suis reparti me blottir dans les bras de Morphée.

6 mai 2010

De guerre las !

Si je vous dis " frégate ", vous planez en compagnie de cet oiseau de mer à l'envergure immense.Vous rasez la crête des vagues en attrapant les poissons qui s'approchent de la surface.

Si je vous dit " Aquitaine ", c'est l'océan qui vient chatouiller vos pieds.C'est un terroir qui se partage avec modération.C'est l'autre côté du sud.

 .......

Mais, il est un monde ou " frégate " et " Aquitaine " évoque un navire de guerre de surface.Une série de onze bâtiments qui porteront le nom de nos belles régions françaises. Peut être que l'armement (voir ci-dessous) portera le logo de la région !. 

8 missiles Exocet MM40 Block III ; 
16 missiles anti-missiles Aster 15 en silos Sylver A43
16 MDCN (Missile de Croisière Naval) en silos Sylver A70.  
1 canon de 76 mm OTO-Melara compact SR avec conduite de tir optronique NA-25 XP
2 mitrailleuses de 12.7 mm (évolution prévue vers 2 canons téléopérés de 20 mm 
19 torpilles légères MU 90, tirées depuis quatre tubes latéraux

Trêve de plaisanteries, chaque navire coûte 656 millions d'euros quand même !.

Dans ce même monde " Suffren " le cadet de Provence, le Nelson français sera le nom de baptême du prochain sous-marin nucléaire d'attaque.Il aura des petits frères : Duguay-Trouin, Dupetit-Thouars, Duquesne, Tourville, Grasse-Tilly.Avec, également un bien bel équipage (voir ci-dessous). 

16 missiles balistiques M4 avec têtes TN71
Torpilles L5 et F17 filoguidées
Exocet SM39

 

On a de l'ambition chez ces gens là, pour quelques 8 milliards. 

Et notre porte-aéronefs à propulsion nucléaire " Charles de Gaule ", le fer de lance de la marine nationale, un outil stratégique et diplomatique sans égal, je cite.Un investissement de 3 milliards qui a  barboté en rade de Toulon pendant deux ans. 

Ca fait cher la bataille navale ! mais on ne compte pas chez ces gens là !. 

Je n'aurai pas l'indécence de vous parler de" Rafale "," Mirage "," Leclerc ", " Tigre "... Sur terre ou dans les airs nous portons fiers la cocarde.

L'imagination est sans limites chez ces gens là !.

Alors, quand sonnera l'heure des restrictions, des efforts de solidarité, n'ayez aucune crainte, monsieur. 

Faut vous dire , monsieur, que  chez ces gens là on est la Nation. 

La guerre, l'art de tuer en grand et de faire avec gloire ce qui, fait en petit, conduit à la potence.                                                                                                                             

  (Jean Henri Fabre)

 

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